Autoroute : les opposants au tracé sud interpellent Alain Juppé et ferraillent avec le maire de St-Rémy.
Le projet Allaines - Nonancourt représenterait un investissement de 700 millions d'euros dont 600 millions pris en charge par le concessionnaire.
« Il faut étudier toutes les solutions ! » Devant près de deux cents personnes réunies dans la salle des fêtes de Saint-Lubin-des-Joncherets, vendredi soir, François Barret, et ses amis de l'ACTS (Association Contre le Tracé Sud) ont renouvelé leur demande d'une vraie concertation sur le choix d'une liaison rapide Allaines - Nonancourt.
Ouvrant la réunion par un exposé remarquable de précision et de distanciation, François Barret a présenté la genèse du projet et l'état de l'étude en s'appuyant sur des documents projetés sur un écran. Avant lui, Francine Seugé, la présidente, avait rappelé la vocation de l'ACTS qui « veut proposer une alternative dans une démarche constructive », et avait fait état d'un courrier adressé à Alain Juppé, ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durable.
Soucieuse de fédérer les énergies, l'ACTS a établi des liens avec l'association de Garnay née pour les mêmes motifs, laquelle avait délégué quelques représentants à Saint-Lubin. Des relations existent également avec l'association locale Vivavre, qui, en son temps, s'était mobilisée contre le tracé sud de la déviation de Saint-Rémy - Nonancourt.
L'exposé de François Barret a précisé au public dans quelle logique d'aménagement s'inscrivait l'A 154. Se basant sur les réponses de la direction des routes, François Barret a chiffré l'investissement à 700 millions d'euros, lesquels seraient pris en charge à hauteur de 600 millions par le concessionnaire privé, et pour le reliquat par l'État et les collectivités territoriales. Selon les éléments recueillis par l'ACTS, les études relatives au fuseau pourraient s'engager en 2008.
L'association a renouvelé ses interrogations liées à « l'abandon du tracé nord », ainsi qu'au nombre et au positionnement des échangeurs. Reprenant le crédo de l'ACTS, François Barret a dit sa perplexité face à un projet qui « bétonne la campagne » alors qu'il serait possible, « et moins coûteux », d'achever la mise à deux fois deux voies de l'actuelle RN 154 en prévoyant simplement d'y ajouter le barreau Est, et le contournement de l'agglomération Saint-Rémy ‑ Nonancourt. Autre solution avancée : l'élargissement de l'actuelle RN 12 qui traverse Saint-Rémy-sur-Avre.
Cette hypothèse émise une nouvelle fois a provoqué un incident avec Patrick Riehl, conseiller régional, maire de Saint-Rémy-sur-Avre, venu dire le malaise de ses administrés.
La réunion s'est conclue tardivement sur un appel à la mobilisation et à la souscription au terme d'interventions regrettant la persistance du tout automobile, pourtant néfaste pour le développement durable. « On fait du profit on pollue, et on parle de développement durable », a résumé un jeune intervenant.

lesquelles MM. Sourisseau, Riehl, Sorand, maires, ainsi que Mme Hessel, candidate PS aux législatives.
« Égoïsme et mépris ! »
Dans son intervention, Patrick Riehl entendait réagir à la relance par l'ACTS d'une proposition émise, en son temps par feu Jacques Bion, alors maire de Nonancourt, consistant à reprendre l'actuel tracé de la RN 12, pour l'élargir et lui donner les caractéristiques d'une voie express. Le maire de Saint-Rémy a recensé toutes les nuisances d'une telle option qui provoquerait la destruction de 80 à 100 maisons, et placerait en première ligne 200 autres habitations, avec un chantier qui s'étalerait sur cinq années. « Les Rémois se demandent pourquoi autant d'égoïsme et de mépris vis-à-vis d'eux ! », a-t-il lancé, suscitant la réprobation d'une partie de la salle, et la prompte intervention de Francine Seugé, lui reprochant de récupérer la réunion à son profit.

Avant Patrick Riehl, Gérard Sourisseau, conseiller général, maire de Saint-Lubin-des-Joncherets, plus consensuel, avait pris la parole pour « valider » l'exposé de François Barret, et indiquer notamment que le péage envisagé entre Dreux et Chartres serait de 1 à 3 euros.